J’ai la chance de faire partie des 25 blogueurs ambassadeurs de Courrier International, chaque mois j’interviendrai deux fois sur ce blog pour mettre en avant et parfois livrer mon ressenti sur un ou plusieurs articles de l’hebdomadaire ayant retenu mon attention.

Je pensais traiter cette semaine du traitement par la presse de Silvio Berlusconi et de ses récents soucis mi publics, mi privés. En effet, le Cavaliere n’est pas logé à la même enseigne par la presse italienne qu’il sait tenir (à part peut être la Repubblica qui pose quelques questions) et la presse internationale. C’est flagrant lorsqu’on prend le temps de lire quelques articles.
Au final, je préfère rapporter ici les récents évènements survenus au Guatemala suite à l’assassinat de Rodrigo Rosenberg. Une affaire qui eut été banale si l’éminent professeur d’université et conseiller juridique n’avait pas pensé à enregistrer une vidéo trois jours auparavant pour dénoncer ses assassins… à savoir le président Alvaro Colom, sa femme et son secrétaire personnel ainsi que quelques hommes d’affaires liés au pouvoir. L’avocat accuse également ces hommes de s’adonner à des activités frauduleuses, au blanchiment d’agent mais aussi de l’assassinat de deux de ses clients.
Comme je suis sympa, j’ai pris le soin de publier une vidéo sous-titrée en anglais. La suite est ici.
Une très forte mobilisation des jeunes
Quelques heures après la diffusion de la vidéo sur Youtube, des milliers de jeunes sont descendus dans la rue pour demander justice et la démission du président Colom. Les médias se sont emparés de l’affaire et ont plongé le Guatemala dans la plus grave crise politique qu’ait connu le pays depuis 15 ans.
Le premier évènement organisé sur Facebook a réuni pas moins de 30 000 personnes vêtues de blanc, du jamais vu au Guatemala à l’exception de rassemblements liés à la visite du pape.
Comment expliquer une telle mobilisation ?
Bien sûr les Geeks de mauvaise foi expliqueront à qui voudra l’entendre que tout est dû à la puissance du réseau social. Les sociologues guatémaltèques annoncent une explosion sociale depuis des dizaines d’années… En effet, la majeure partie des richesses est concentrée entre les mains de quelques puissants, le pays a vu s’enchainer les dictatures et les assassinats toujours impunis, sans parler de la récente guerre civile qui a duré près de 40 ans (1960-1996)… Il y a eu en 2008 6300 meurtres dont 98% non élucidés…
Mais le plus inquiétant reste peut être le développement des mafias et des narcotrafics (qui se déplacent massivement du Mexique au Guatemala) qui intègrent sans trop de problèmes les partis politiques pour les gangréner.
L’assassinat de Rosenberg est loin d’être un cas isolé et il semble que la jeunesse guatémaltèque ait (enfin ?) décidé de faire savoir son mécontentement…