Adopter le canotier homme avec style au quotidien

Comme le dirait le poète de Patrick Sébastien : « C’est chaud oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh. » Si la tentation d’enlever les couches de vêtements pour être un maximum « cool » est grande, il est préférable de protéger votre corps efficacement. Et, assez souvent, il y a une zone que nous oublions de couvrir : la tête. Plusieurs choix s’offrent à nous, y compris celui de porter un chapeau. Et c’est là que les problèmes commencent : « oui, mais vous comprenez, je n’ai pas la tête avec des chapeaux, ça ne va pas avec moi », « J’ai peur d’être ridicule » et je ne le fais pas. Et si on vous a dit que pour chaque forme de visage il y a un chapeau, et qu’il est possible de trouver celui qui nous convient le mieux. Vous en doutez ? Cet article est pour vous :

Résumé

1. Le couvre-chef en quelques repères
2. Choisir un chapeau adapté à son visage
3. Comment porter un chapeau
4. Où acheter un chapeau

1. Le couvre-chef en quelques repères

A. Un accessoire à l’histoire millénaire

D’après de nombreux spécialistes, le chapeau fait partie des plus anciennes pièces d’habillement. Dès la Préhistoire, les premiers hommes auraient utilisé la fourrure pour se protéger la tête, et pas seulement le visage. Lors de fouilles dans la grotte d’Arene Candide, en Italie, Arturo Issel découvre des restes humains. Près du crâne, un os de vertèbre caudale d’écureuil, vestige d’une coiffe primitive. Plus tard, dans l’Antiquité, le chapeau prend une dimension sociale : les esclaves romains affranchis reçoivent le pileus, une calotte en feutre, ancêtre du bonnet phrygien et symbole d’émancipation.

Les siècles passent, les styles évoluent. Le feutre s’invite dans la fabrication, et l’on orne parfois les couvre-chefs de plumes pour leur donner une allure plus raffinée. Mais un modèle va se démarquer : le chapeau, avec ses codes et ses usages, s’impose comme un marqueur social puissant. Le sommet de la distinction ? Le haut-de-forme, qui, au XIXe siècle, incarne l’idéal du gentleman. On le retire en entrant, on salue en relevant le bord : le protocole ne laisse rien au hasard.

Si ces usages se sont atténués, ils n’ont pas totalement disparu. Au début du XXe siècle, le haut-de-forme n’apparaît plus qu’aux grandes occasions, comme les mariages. Dans le quotidien, il cède la place au chapeau melon, plus pratique, qui devient la coiffe de monsieur tout-le-monde. Parallèlement, la casquette sort des usines pour habiller la tête des ouvriers et des classes populaires.

B. Anatomie d’un chapeau

Avant de passer en revue les modèles et les matières, un détour s’impose par les différentes parties qui composent un chapeau. Classiquement, il se divise en trois éléments : la calotte, la couronne et le bord.
La calotte désigne la partie supérieure qui épouse le crâne. La couronne, elle, correspond au haut de la calotte ; elle peut être ronde, en forme de larme, creusée au centre, ovale ou diamantaire selon le style. Le bord, c’est la partie horizontale qui s’étend autour de la couronne, plus ou moins large selon les modèles. Certains chapeaux arborent aussi un pincement à l’avant ou une tresse décorative.

C. Les principales formes de chapeaux

Depuis leur origine, les couvre-chefs ont pris des formes multiples. Voici les modèles que l’on croise le plus souvent aujourd’hui :

  • Le canotier : coiffe à couronne plate et bords droits, venu du XIXe siècle et issu de l’uniforme des marins français. Dès le début du XXe, il gagne les allées des événements sportifs et la mode enfantine. Sa particularité ? Il a traversé toutes les strates sociales, du peuple à la bourgeoisie.
  • Le fedora : classique indémodable, popularisé au XIXe siècle puis associé à l’image des gangsters américains de la Prohibition. Sa couronne fendue et ses larges bords le rendent immédiatement reconnaissable. L’italien Giuseppe Borsalino a contribué à sa renommée mondiale.
  • Le panama : malgré son nom, il vient d’Équateur. Ce n’est pas une forme, mais une matière et un tressage à partir des jeunes pousses de palmier. Trois qualités existent : Panama Cuenca, Panama Brisa et Panama Montecristi, selon la région et la technique de tressage.
  • La pork pie : icône des années 30, revenue sur le devant de la scène récemment. Couronne plate, bord court, creuset circulaire : elle s’adapte pour un style rétro sans effort, en feutre ou en paille.
  • Le trilby : à mi-chemin entre le fedora et la pork pie, il se distingue par son petit bord. Plébiscité dans les années 80, il fait un retour discret mais remarqué. Parfait pour casser un look trop strict.
  • Le melon : facilement identifiable à sa forme arrondie, il a longtemps été réservé aux tenues formelles. Aujourd’hui, il s’invite dans toutes les garde-robes, du costume au look plus décontracté.
  • Le haut-de-forme : la quintessence de l’élégance masculine. Dès son apparition en 1800, il devient l’accessoire mondain par excellence. Véritable symbole de statut social, il allonge la silhouette et impose le respect. Désormais, on le réserve aux grandes cérémonies.

D. Les matériaux utilisés

La matière détermine le style, le confort, et l’usage d’un chapeau. Tour d’horizon des plus courantes :

  • Feutre : roi des matériaux, il se décline en deux familles : laine et poil. Le feutre de laine (généralement de mouton) offre solidité et chaleur, avec un aspect mat et doux. Le feutre de poil (lapin ou castor) est plus fin, léger, résistant et fait figure de référence pour les pièces haut de gamme.
  • Paille : plusieurs variétés existent. Le panama, tressé à partir de la Carludovica Palmata, est souple et raffiné. La paille de raphia, plus large et flexible, vient du palmier du même nom. Pour les canotiers, la paille traditionnelle, plus rigide, assure une bonne tenue. On trouve aussi des chapeaux en papier, très légers et accessibles, obtenus par tressage d’un mélange de paille cuite et de chaux.
  • Coton : réservé aux modèles d’été, comme le bob. Léger, respirant, agréable à porter, il se prête à toutes les fantaisies de forme.
  • Cuir : matière robuste par excellence, il s’utilise sur tous les types de chapeaux. Selon la finition (lisse, grainée, brute…), il donne un caractère affirmé et authentique.
  • Polyester : tissu synthétique apprécié pour sa solidité, sa résistance aux produits chimiques, au rétrécissement, aux plis et à l’usure. Il permet aussi de proposer des modèles abordables.

2. Choisir un chapeau

A. Adapter la forme à son visage

Maintenant que les bases sont posées, reste à trouver le modèle adapté. Pour bien choisir, il faut déjà connaître la forme de son visage. Sept grands types existent : rond, rectangulaire, carré, ovale, allongé, triangulaire, triangle inversé et diamant. Pour simplifier, concentrons-nous sur quatre formes principales : carré, ovale, rond et cœur.

Un visage fin appréciera les bords courts pour ne pas accentuer la minceur. À l’inverse, un large bord équilibre un visage rond. Le visage ovale, chanceux, peut tout se permettre, à condition de ne pas déséquilibrer la silhouette. L’essentiel ? Veiller à ne pas exagérer les traits : le chapeau doit accompagner, pas dominer.

B. Prendre en compte sa silhouette

La morphologie générale compte aussi. Pour les personnes de petite taille, un chapeau à bord court allongera la silhouette. Les plus grands préféreront les bords larges. Autre astuce : une calotte haute sur une personne menue, basse ou moyenne pour les grands. Si vous avez des oreilles marquées, les larges bords atténuent l’effet. Un front ou un nez imposant ? Il suffit de pencher légèrement le chapeau vers l’avant, et l’allure gagne en harmonie.

Pour clarifier, voici quelques repères utiles :

  • Visage carré : privilégier fedora, melon ou trilby, éviter la pork pie.
  • Visage rond : fedora, trilby ou haut-de-forme sont adaptés ; évitez le melon ou la pork pie.
  • Visage ovale : tous les styles sont possibles.
  • Visage en cœur : le melon et le trilby fonctionnent bien, mieux vaut délaisser fedora et haut-de-forme.
  • Petite taille : opter pour un bord court et une calotte haute.
  • Grande taille : bords longs, calotte moyenne ou basse à privilégier.

3. Comment intégrer le chapeau à ses tenues ?

A. Avec une tenue workwear

Le chapeau trouve sa place naturelle dans un style inspiré du vestiaire de travail. Imaginez : un pantalon usé et rapiécé, une veste militaire en laine, et le chapeau vient couronner l’ensemble. Deux stratégies : l’assortir à une couleur déjà présente dans la tenue, ou choisir une teinte qui tranche, comme un blanc écru.

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A message partagé par Thibault Vancauwen (@thibaultvancauwen) le 12 juil. 2020 à 10:13 PDT

B. Dans une tenue habillée

Autre possibilité : glisser le chapeau dans une tenue élégante. Selon la morphologie et la forme du visage, on choisit le modèle le plus flatteur. Pour l’allure, à chacun sa préférence : un melon en feutre avec un costume trois pièces tweed pour évoquer l’Angleterre des années 30, ou une version paille pour une note parisienne rétro. Là encore, l’ombre peut s’accorder ou contraster avec le reste du look.

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Un billet partagé par Albert Hartmair || Munich 🇩🇪 (@alberthartmair) sur juil 17, 2020 à 9:39 PDT

C. En tenue décontractée

Pour finir, l’association avec une tenue casual fonctionne parfaitement. Un short uni, un t-shirt blanc ou un débardeur, une chemise légère à motifs et une paire de baskets ou de sandales : le décor est planté pour l’été. Côté chapeau, la préférence ira au feutre souple ou à la paille, confort et décontraction garantis.

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Un billet partagé par Brixton (@brixton) le 19 mai 2020 à 10:05 AM PDT

4. Où trouver un chapeau ?

Pour ceux qui veulent franchir le pas, voici une sélection de marques et de créateurs où dénicher la coiffe idéale : Akubra, Anthony Peto, Bailey, Borsalino, Brixton, Broswell, Headict, Herman Coiffures, Homero Ortega, Kangol, Lierys, Pauline Brosset, Stetson, Thomas VanCauwen, Tilley.

Le chapeau n’est pas qu’un accessoire : il signe une silhouette, raconte une histoire, affirme une personnalité. Oser le canotier ou le fedora, c’est ouvrir un autre chapitre de son style, à chaque sortie, à chaque saison.

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