Comptable, ce métier dense et toujours en mouvement séduit chaque année de nombreux candidats. Pourtant, avant de signer un bilan, il faut s’armer de patience : le parcours s’étale sur huit ans de formation, minimum.
Au menu : fiscalité, droit des sociétés, analyse financière, économie et, bien entendu, comptabilité. Mais ce n’est pas tout : les matières générales comme le français, les maths ou l’histoire jalonnent les cinq premières années théoriques, avant d’attaquer trois ans de stage menant au sommet du cursus : le DEC, Diplôme d’Expert-Comptable.
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Après le bac, la route est balisée : deux jalons à franchir, le DCG puis le DSCG, avant d’atteindre la dernière marche.
La détermination ne doit pas faiblir. Curiosité, persévérance, envie de décortiquer la fiscalité, le droit du travail et les arcanes de l’entreprise : voilà les clés pour avancer. Ce parcours, je le détaille ici : durée, étapes, lieux de formation, et conseils concrets pour traverser ces années dans de bonnes conditions.
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Regardons de près les études à envisager lorsqu’on vise le métier d’expert-comptable…
Le parcours classique vers l’expertise comptable
Pour suivre la filière traditionnelle, tout démarre juste après le bac. Cinq années d’études académiques précèdent trois ans de stage en cabinet :
- Trois premières années : DCG (Diplôme de Comptabilité et de Gestion), niveau licence.
- Deux années suivantes : DSCG (Diplôme Supérieur de Comptabilité et de Gestion), équivalent master.
- Trois ans de stage en cabinet d’expertise-comptable, rémunérés. Le stagiaire prend part à la vie du cabinet, alterne missions et journées de formation dispensées par l’Ordre des experts-comptables.
- Enfin, vient le DEC (Diplôme d’Expertise Comptable).
Mais dans les faits, à quoi ressemble ce parcours ?
Quel bac pour intégrer la filière classique ?
Pour démarrer le DCG, tout bac général ouvre la porte.
Cependant, le bac ES donne déjà des bases en économie et droit, un atout pour aborder les premières années.
Le bac S prépare à encaisser une charge de travail conséquente, une vraie qualité pour la suite.
Le bac L, lui, ne confère pas d’avantage spécifique mais ne ferme aucune porte pour autant.
Est-il obligatoire de passer par le bac et le DCG ?
Ce n’est pas la seule voie possible.
Le BTS Comptabilité, les écoles de commerce, l’IUT et certaines licences universitaires (options gestion, finance) mènent aussi vers le diplôme d’expertise comptable.
Le niveau d’équivalence dépendra du diplôme d’origine : selon votre parcours, vous rejoindrez la filière classique avec plus ou moins de validations d’acquis.
Organisation des cursus DCG et DSCG
Diplôme de Comptabilité et de Gestion (DCG)
Le DCG s’obtient après trois ans d’études ininterrompues. L’enseignement couvre la technique comptable, la fiscalité, le droit des sociétés, l’économie, la finance…
On y développe des outils d’analyse financière, d’organisation et de synthèse. Les matières, appelées Unités d’Enseignement (UE), structurent le cursus.
Selon le décret n°2012-432 du 30 mars 2012, le DCG se compose de 13 UE, dont un stage de huit semaines donnant lieu à un rapport.
Voici la répartition des 12 épreuves écrites et de l’oral :
- UE 1, Introduction au droit (3h, coef. 1)
- UE 2, Droit des sociétés (3h, coef. 1)
- UE 3, Droit social (3h, coef. 1)
- UE 4, Droit fiscal (3h, coef. 1)
- UE 5, Économie (4h, coef. 1,5)
- UE 6, Finance d’entreprise (3h, coef. 1)
- UE 7, Management (4h, coef. 1,5)
- UE 8, Systèmes d’information de gestion (4h, coef. 1,5)
- UE 9, Introduction à la comptabilité (3h, coef. 1)
- UE 10, Comptabilité approfondie (3h, coef. 1)
- UE 11, Contrôle de gestion (4h, coef. 1,5)
- UE 12, Anglais des affaires (3h, coef. 1)
- UE 13, Relations professionnelles (1h, coef. 1)
Diplôme Supérieur de Comptabilité et de Gestion (DSCG)
Deux années supplémentaires pour approfondir chaque discipline, avant de se présenter au DSCG. Certaines matières exigent méthode et logique (comptabilité analytique), d’autres reposent sur l’apprentissage par cœur (droit).
Les sept épreuves du DSCG sont :
- UE 1, Gestion juridique, fiscale et sociale (3h, coef. 1,5) : droit des sociétés, pénal, travail, fiscalité
- UE 2, Finance (3h, coef. 1) : analyse, évaluation, gestion financière
- UE 3, Management et contrôle de gestion (3h, coef. 1,5)
- UE 4, Comptabilité et audit (3h, coef. 1,5) : consolidation, contrôle interne, audit
- UE 5, Management des systèmes d’information (4h, coef. 1) : progiciels, sécurité, audit informatique
- UE 6, Grand oral (3h, coef. 1) : questions de stratégie, développement, anglais professionnel
- UE 7, Relations professionnelles (3h, coef. 1) : communication, rapport de stage
Le stage et l’accès au DEC
Où effectuer son stage en expertise comptable ?
Le stage se déroule en cabinet d’expertise-comptable.
Au fil des dossiers, le stagiaire découvre la réalité du métier : analyse des comptes, veille sur l’environnement économique, préparation de montages financiers, rendez-vous clients, conseil… sous l’œil attentif d’un professionnel confirmé.
Quel est le statut du stagiaire ?
Le stagiaire bénéficie d’un statut spécifique dans le cabinet.
La rémunération annuelle atteint environ 30 000 €, selon la convention collective nationale de la profession. S’ajoutent les mêmes droits sociaux que les autres membres du cabinet, et la possibilité d’assister aux journées de formation de l’Ordre sans retenue sur salaire.
Le stagiaire est inscrit à l’Ordre des experts-comptables, moyennant le paiement d’une cotisation annuelle.
À l’issue du stage, place au DEC : soutenance d’un mémoire, deux épreuves écrites (contrôle contractuel et juridique, réglementation professionnelle). Une fois ces étapes franchies, il ne reste plus qu’à s’enregistrer auprès de l’Ordre pour exercer.
Où suivre la filière classique ?
Les études comptables s’effectuent dans des établissements publics ou privés, dont certains relèvent de l’INTEC (Instituts Nationaux des Techniques Économiques et Comptables).
Autres voies d’accès à l’expertise comptable
Vous hésitez sur votre orientation ? Rien n’est figé. De multiples cursus permettent de rejoindre le DSCG.
On peut très bien démarrer par un BTS ou un DUT orienté économie, gestion, finance, puis bifurquer ensuite vers le DCG ou le DSCG. Ces passerelles donnent parfois droit à des dispenses d’épreuves.
À l’université, les masters en comptabilité, finance, droit, gestion permettent aussi de rejoindre la filière DCG/DSCG, là encore avec certaines équivalences.
Pour les diplômés d’écoles de commerce, intégrer la filière classique reste possible. Selon le contenu du cursus, certaines unités de valeur (UV) peuvent être validées d’emblée.
Et le commissariat aux comptes ?
Devenir expert-comptable ouvre également la voie au métier de commissaire aux comptes, chargé de vérifier la conformité des actes de gestion dans les entreprises. Beaucoup cumulent les deux casquettes.
Pour porter ce titre, il faut valider le DEC et justifier d’un stage de deux ans en cabinet d’audit. Ce stage est généralement inclus dans les trois années requises pour le DEC.
Après l’obtention du DEC et la validation du stage, l’inscription à la Compagnie des commissaires aux comptes et à la Cour d’appel est obligatoire.
Quid de la comptabilité en ligne ?
Peu importe la spécialisation, l’obtention du DEC reste le sésame pour ouvrir un cabinet.
Que vous exerciez en nom propre ou au sein d’une société, la règle ne change pas : le diplôme d’expert-comptable est indispensable.
Et ces exigences s’appliquent à toutes les formes d’exercice, que votre cabinet accueille ses clients derrière un écran ou dans un bureau physique.
Huit années d’efforts, des étapes qui s’imbriquent, des choix multiples… mais au bout, la promesse d’un métier à la fois technique et humain, aux missions variées. La prochaine génération d’experts-comptables est déjà en marche : qui saura transformer la rigueur des chiffres en force de conseil ?

