Choisir la voiture de collection idéale pour débuter

362%. Ce chiffre brut, presque irréel, résume la fulgurance du marché des voitures anciennes : en dix ans, leur valeur a bondi selon KnightFrank. Les voitures d’époque séduisent désormais autant les investisseurs que les amateurs. Pourtant, derrière la promesse d’un placement atypique qui fait rêver, la réalité mérite d’être scrutée. Faut-il vraiment miser sur une voiture de collection pour placer ses économies ? Et surtout, comment s’y prendre pour ne pas se tromper ?

Développements sur le marché des voitures anciennes

Sur les vingt dernières années, la production mondiale de voitures de prestige a explosé. Aujourd’hui, pour chaque modèle, le nombre d’exemplaires sur le marché s’est démultiplié, effaçant peu à peu la rareté qui faisait la réputation de ces véhicules. Ferrari, par exemple, est passée de 4 000 voitures fabriquées en 2000 à plus de 9 000 en 2017. Un doublement qui a de quoi faire réfléchir.

Malgré tout, les passionnés et investisseurs ne désertent pas la scène. Près de 800 000 collectionneurs de voitures sont recensés en France. L’internationalisation du marché a aussi bousculé les codes, ouvrant la chasse à la perle rare bien au-delà des frontières européennes : la Russie, la Chine et le Moyen-Orient s’invitent désormais dans les ventes, et la part d’acheteurs étrangers a bondi de 85 % lors des enchères organisées par Artcurial. Les ventes en ligne amplifient encore ce phénomène.

Certains modèles tirent particulièrement leur épingle du jeu. Les séries limitées, convoitées pour leur rareté, figurent parmi les placements les plus recherchés. Même constat pour les modèles emblématiques des années 70, dont les prix connaissent une ascension fulgurante, générant des plus-values parfois spectaculaires.

Qu’est-ce qui fait la valeur d’une collection ?

La rareté, bien plus que l’ancienneté, reste le nerf de la guerre sur ce marché. Les véhicules produits en quelques exemplaires, ou sortis en éditions limitées, s’arrachent à prix d’or. Prenons la Bugatti Royale, produite à seulement six unités : sa cote atteint aujourd’hui près de 40 millions d’euros.

L’état général du véhicule pèse tout aussi lourd dans la balance. Un modèle mal conservé ou trop kilométré voit sa valeur s’effondrer, parfois divisée par dix. À l’inverse, une voiture parfaitement entretenue peut traverser les décennies sans perdre de sa superbe. Illustration frappante : une Bugatti Type 57S Cabriolet de 1937 a été adjugée à 7,7 millions de dollars en 2017, alors qu’elle avait changé de mains pour 1,1 million de dollars en 1991. L’état de conservation, ici, fait toute la différence.

Dernier critère clé : l’authenticité. Une voiture dont toutes les pièces sont d’origine, et qui a été peu utilisée, voit sa cote s’envoler. Les collectionneurs traquent le moindre détail, la moindre modification pouvant faire baisser la valeur.

Une voiture de collection n’est pas nécessairement vieille

Les catégories de voitures anciennes varient selon leur âge. Les modèles dits « avant-guerre » datent d’avant 1950, mais certains véhicules plus récents peuvent déjà être classés comme voitures de collection. Exemple parlant : la Porsche 918 Spyder, dont la production a cessé en 2015 seulement, est considérée comme un modèle d’exception en raison de sa rareté, moins de 1 000 exemplaires produits, et une valeur qui peut grimper à 2 millions de dollars.

Les « youngtimers » attirent aussi un public croissant. Ce sont des voitures dont la production a cessé depuis au moins 15 ans, sans encore franchir la barre des 30 ans. Trop récentes pour la Fédération internationale des véhicules anciens (FIVA), elles restent abordables et leur cote grimpe à mesure qu’elles se raréfient. Parmi elles, des modèles des années 1990 qui gagnent rapidement en valeur, à condition de miser sur les bonnes références.

Pourquoi investir dans une voiture d’époque ?

Se lancer dans l’achat d’une voiture ancienne, c’est espérer profiter d’une courbe des prix qui ne cesse de grimper depuis 2002. À condition de connaître un minimum le secteur, la rentabilité peut être au rendez-vous. Les voitures anciennes sont souvent perçues comme une valeur refuge : même si la plus-value déçoit parfois, le risque de perdre une part significative de son capital reste limité.

Mais il ne faut pas oublier que ce type d’investissement a aussi une dimension passion. Ceux qui choisissent ce placement le font souvent par amour de l’automobile, soucieux de conjuguer plaisir et patrimoine.

Les inconvénients d’investir dans une voiture de collection

Acquérir une voiture de collection, c’est s’engager dans un projet exigeant. Le ticket d’entrée peut être élevé, et l’entretien, souvent coûteux, pèse sur la rentabilité. Le stockage représente un autre défi : il faut un garage sécurisé, protégé des intempéries. Quant à l’assurance, son coût grimpe avec la valeur du véhicule.

Autre limite : la liquidité du placement. Revendre une voiture de collection peut prendre du temps, surtout depuis le léger ralentissement observé après plusieurs années de hausse des prix. Les transactions s’étirent, et il faut parfois patienter pour trouver l’acheteur idéal.

Le budget nécessaire pour investir dans une voiture de collection

L’achat d’un véhicule de collection ne suppose pas toujours de mobiliser des sommes extravagantes. Certains modèles s’acquièrent dès 20 000 €, à condition de bien cibler un modèle dont la cote pourrait monter. Mais il ne faut pas négliger les frais annexes : entretien, réparations, assurance, même pour une voiture peu utilisée, et location d’un espace de stockage sécurisé. Ces charges, souvent sous-estimées, peuvent rapidement alourdir la note. Prendre le temps de les anticiper évite les mauvaises surprises.

Où trouver une voiture d’époque à investir ?

Pour dénicher la perle rare, inutile de pousser la porte d’un concessionnaire traditionnel. Les garages spécialisés proposent une sélection intéressante, mais leurs tarifs dépassent en général de 10 à 15 % ceux du marché. Les sites web dédiés offrent une bonne visibilité sur la cote des modèles et la diversité de l’offre.

Pour ceux qui cherchent le meilleur rapport qualité/prix, les ventes aux enchères demeurent une option de choix. Seul bémol : impossible d’essayer le véhicule avant l’achat. Seul un démarrage devant témoins garantit que le moteur fonctionne.

Quelques conseils pour investir

Avant de vous lancer, quelques règles simples peuvent vous aider à éviter les pièges du secteur. Si votre horizon d’investissement dépasse dix ans, miser sur d’anciens modèles sportifs peut s’avérer judicieux. Encore abordables, ils se font progressivement une place dans le cercle fermé des voitures de collection, et leur cote suit la tendance.

Pour ceux qui cherchent la sécurité, un véhicule de plus de 30 ans dont la production est arrêtée reste une valeur sûre. Plus rare, il attire naturellement les collectionneurs et investisseurs. Privilégier un exemplaire avec toutes ses pièces d’origine est également un choix avisé.

Voici les points à surveiller avant de faire votre choix :

  • Évitez les modèles trop anciens qui risquent de coûter cher en réparations et d’être gourmands en carburant.
  • Assurez-vous de la disponibilité des pièces détachées et renseignez-vous sur la consommation d’essence.

Si vous espérez récupérer votre mise sous cinq ou six ans, ciblez les voitures qui s’apprêtent à entrer dans la catégorie collection. Les enchères, là encore, offrent de belles opportunités, à condition de maîtriser les subtilités du marché.

Conditions pour rouler avec une voiture d’époque

En France, circuler avec une voiture ancienne impose une carte grise spécifique. La carte grise « voiture de collection » concerne les véhicules de plus de 30 ans, à condition que la production soit terminée et que le modèle n’ait pas été modifié. Un changement de propriétaire nécessite également cette démarche pour que le nouveau détenteur puisse profiter de la route.

L’assurance fait partie des obligations. Les compagnies spécialisées proposent des contrats adaptés, accessibles aux conducteurs de plus de 21 ans, titulaires du permis depuis au moins trois ans, n’ayant pas eu de sinistre récent et déjà détenteurs d’une assurance classique sur un autre véhicule.

Imposition des plus-values pour les voitures d’époque

Lors de la revente, toute plus-value au-delà de 5 000 € est soumise à l’impôt. Deux options s’offrent à vous :

  • Payer une taxe forfaitaire de 6 % du montant de la vente, à laquelle s’ajoute 0,5 % au titre de la CRDS.
  • Opter pour le régime général d’imposition sur les plus-values, à condition de pouvoir justifier le prix d’achat et le prix de revente. Le taux s’élève à 34,5 % sur le gain réalisé, avec une décote de 5 % par an après deux ans de détention. Après 22 ans, l’exonération est totale. Les frais de restauration peuvent être intégrés au prix d’achat.

Les passionnés d’automobiles anciennes le savent : ce placement conjugue plaisir, patrimoine et parfois, rentabilité. Mais pour profiter pleinement de cette aventure, mieux vaut connaître les règles du jeu.

Acheter une voiture de collection au meilleur prix

Le marché des voitures de collection ne cesse de s’étendre. Contrairement à une sportive moderne dont la valeur chute de moitié en quelques années, une voiture ancienne bien choisie a toutes les chances de prendre de la valeur. C’est ce constat qui pousse de nombreux passionnés à miser sur les modèles de collection, mêlant amour de l’auto et recherche d’un actif prometteur.

Certains modèles atteignent des sommets lors des ventes, et il n’est pas rare de voir des amateurs prêts à investir des sommes considérables. Pour acheter une voiture de collection au meilleur prix, les sites spécialisés restent une piste sérieuse. Ils proposent des véhicules haut de gamme à des tarifs compétitifs, permettant aux collectionneurs de trouver des opportunités sans sacrifier la qualité.

Envie de franchir le pas ? Le marché n’attend que vous. À chaque coin de garage, une histoire s’écrit, une légende démarre. Reste à savoir laquelle vous choisirez d’ajouter à votre patrimoine.

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